A peine a-t-on le temps de voir arriver les premiers MOOCS de français langue étrangère, que déjà on nous annonce l’arrivée des SPOC !
SPOC, mais c’est quoi ça ? Eh bien des Petits cours privés en ligne » (Small Private Online Classes).
Oui les MOOCs seraient « has been » comme le titre Lyonel Kaufmann en Suisse.. Les critiques se font de plus en plus précises et un article récent du New-York Times ( After Setbacks, Online Courses Are Rethought) les a fait redoubler de vigueur. Dans les nombreux commentaires à cet article on peut dégager plusieurs remarques pertinentes :
1. Dans les MOOCs, contrairement aux cours traditionnels, il est pratiquement impossible d’échanger avec le prof en particulier.
2. Les communautés d’étudiants ne peuvent pas se substituer à l’expertise d’un prof. Dans une discussion il n’y a pas d’expert, de personne d’autorité pour valider les bonnes réponses.
3. Les examens sont réduits à des QCM et c’est inapproprié pour des connaissances analytiques
En gros nos attentes vis-à-vis des MOOCs sont complètement irréalistes. les MOOCs sont une possibilité d’apprendre dans un environnement structuré mais il ne faudrait pas s’attendre à obtenir un diplôme de qualité en les utilisant. C’est un complément aux classes traditionnelles, avec des profs vivants et accessibles.
Christine Vaufrey, rédactrice en chef de la revue Thot-cursus, tempère le débat dans un billet récent : Les MOOCs sont-ils condammnés ?. Elle raconte l’échec relatif de la plate-forme de MOOC Udacity et essaie de pointer ce qui résiste à ces réactions tendant à jeter le bébé avec l’eau du bain ! Des Moocs qui marchent, qui emportent l’adhésion, il en existe bien entendu et ces MOOCs connectivistes (qui reposent sur la collaboration, les interactions des participants) offrent des modèles que l »Entreprise pourrait utiliser afin de renforcer la vitalité des ressources internes, et offrent également des prolongements aux formations hybrides si ils sont associés à « de plus vastes dispositifs de formation, complètement personnalisés, en tant que ressources d’apprentissage combinées à d’autres ».
Alors de quoi parle-t-on lorsqu’on évoque un SPOC ? Il semble que ce « concept » ressemble à ce que Marcel Lebrun appelle la classe inversée, concept pas si nouveau que ça !
L’étudiant visonne, consulte vidéos et textes chez lui et l’essentiel du travail se fait au sein de discussions dans la classe en face à face, avec l’accompagnement précieux du prof. En gros, la généralisation du séminaire !
Justement, du MOOC au SPOC, il y a le retour de la classe animée par le prof… et l’entrée en force de la formation hybride.

