Retrouvez désormais chaque semaine sur [Fle.fr->Fle.fr] la Lettre d’information de Michel Feltin-Palas, rédacteur en chef à L’Express, consacrée à la vie du français, des langues de France et à la diversité linguistique.
Extraits et sommaire de la Lettre du 18 février :
« Dans deux ouvrages savoureux, la linguiste Françoise Nore explore les subtilités et les correspondances étonnantes de notre langue nationale.
Saviez-vous que mouise et muesli avaient la même racine ? Moi pas. Pourtant, c’est bien le cas. Mouise, vocable originaire de Franche-Comté, est la forme francisée du germanique mues « petite soupe économique ». Le temps a ensuite fait son oeuvre. Peu à peu, le terme a pris chez nous le sens de « misère » tandis que, de l’autre côté du Jura, le même mues a évolué en muesli avec le sens de « petite bouillie », laquelle a donné son nom aux céréales à succès d’aujourd’hui.
Maquiller et maquereau ont eux aussi une étroite relation étymologique. A l’origine, un terme on ne peut plus banal : le néerlandais maken, qui correspond tout simplement au verbe « faire ». Ce maken a donné maquier, en picard (longtemps le dialecte dominant du domaine d’oïl), que l’on prononçait mac/quil/ler, en trois syllabes. Au fil des siècles, le terme a perdu son « c », mais il a surtout changé de signification : devenu argotique, il a pris le sens de « travailler », puis de « voler » et enfin de « falsifier », que l’on décèle encore dans l’expression maquiller un crime.
Parallèlement, maken a aussi évolué en néerlandais pour aboutir à makelare, « intermédiaire, courtier ». C’est cette acception que traduit son équivalent français, maquereau, le proxénète étant, je l’admets, un intermédiaire d’un genre un peu spécial, mais un intermédiaire quand même. » […]
Egalement au sommaire de la Lettre :
-* Une loi sur les langues régionales privée de l’essentiel
-* Un appel d’universitaires en faveur des langues de France
-* Victoire pour le maire qui refuse les anglicismes
-* Quand un patron se vante d’imposer l’anglais entre francophones
-* Le retour de l’oral au bac
-* La journée de la langue maternelle
-* Heurs et malheurs des langues dites régionales
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